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19/10/2008

2ème Feuille de ROOT’ – le voyage et l’arrivée

 Bonjour à tous et à chacun,

 

De Mérignac à Madrid, de Madrid à Sao Paulo, de Sao Paulo à Santa Cruz de la Sierra, de Santa Cruz à Cochabamba et de Cochabamba à La Paz, le voyage m’est un passage dans l’espace mais aussi dans le temps. Il me permet de sortir du temps «social» de notre atelier FenÊtre sur rue, pour entrer dans le temps «rituel» de la création ROOT’ARTS, réseau nomade.

Au fur et à mesure des résidences ROOT’ARTS, des «habitudes» se mettent en place :

La dextérité extrême (ou l’art de jongler dans le petit m² des sanitaires des avions !) pour être «nickel-chrome» à l’arrivée –hommage et simple respect pour les artistes qui m’accueillent.

Le café à la sortie du vol long courrier qui permet d’être ici et maintenant, quand bien même l’écriture de cette Feuille de ROOT’ est un «signe de présence différée» (Jacques Derrida).

 

Présence – Absence : on est peut-être au cœur du thème de l’Autre -  peut-il y avoir présence ou absence sans l’Autre ?

Cela engendre des mouvements opales, (presque les Boucles Etranges de M.C. Escher décrites par Douglas Hofstadter) où l’absence tricotée de liens est chaleureusement présente alors que la présence vide de sens est plus terrible qu’une absence, où les «desaparecidos» (enfants volés pour le trafic d’organes, pour la vente à l’adoption, la prostitution ou autres horreurs dont notre monde semble être friand) sont une absence lourde comme une pierre et une présence-symbole de ce qui est inacceptable, insoutenable  … Une fois de plus le thème choisi dévoile peu à peu sa propre complexité et il ne me reste qu’à suivre mes compagnons d’ateliers sur ce nouveau chemin d’aventures.

 

j’ai retrouvé l’odeur familière des eucalyptus, le léger vertige dû à l’altitude et Carla Echeverria, David Vargas, Donato Moreno, Vania de Lucca, Gloria Amestegui, les artistes de l’atelier 12 d’Irpavi.

Hier soir, un repas nous a réunis pour essayer de finaliser les différents projets possibles dans ce contexte social particulier que traverse la Bolivie : «bloqueo» et «marcha» - indices du désarroi,

«cerros», ce mélange d’argile et de sable qui font des paysages fabuleusement beaux et tragiquement friables qui s’effondrent brutalement et engloutissent des habitations («no viven a donden pueden morir» est-il supplié sur des panneaux de bois).

Nous avons déterminé, outre les échanges autour de nos créations personnelles, trois autres types d’expérimentations qui devraient aboutir à des créations ou des présentations collectives :

l’Autre dans le temps historique et social - témoins de notre temps, porteurs d’un regard singulier rendre compte avec toute notre subjectivité d’artistes.

l’Autre ou comment communiquer ? - mêlant artistes sourds et artistes entendants, présenter un possible d’actions à la Escuela Nacional de los Sordos Bolivianos et  poursuivre ainsi l’échange avec les jeunes du Centre d’Education Spécialisée pour Déficients Auditifs de Bordeaux.

l’Autre ou comment transmettre et recevoir ? – un travail avec un jardin d’enfants de 2 à 4 ans, et le Colegio Internacional del Sur, dont la jolie devise est « sin miedo de ser felices » (sans peur d’être heureux)

 

Beaucoup d’entre vous connaissent le collectif d’artistes de l’atelier 12 d’Irpavi, certains la famille de David Vargas Perez qui m’accueille, alors vous pouvez imaginer sans peine la joie de retrouver ces trois générations de gardiens de l’Art et de la Réflexion ; discussions qui se mêlent, opinions qui se confrontent et se respectent… un régal artistique et humain !

Amicalement

dominik

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