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28/10/2009

Feuille de ROOT' - 27 octobre 2009

Bonjour à toi, à vous, d’ici, d’ailleurs ou de plus loin encore,


Une Feuille de ROOT’ un peu spéciale filigranée par les ‘hum-hum’ de ‘l’homme à la pipe’ qui nous a laissés…
Trio d’artistes ; Gloria, Zulma et moi avons parcouru les millions d’années qui nous séparent de l’ère des dinosaures, de La Paz à Torotoro, dans la région de Potosi pour y déposer les point(s) de suspension de 4 artistes aquitains… et un galet en chemin.
Les gens d’ici se signent au départ d’un long voyage ; ça n’est guère rassurant pour l’occidentale que je suis !!! (mais après tout, nous applaudissons bien le pilote à l’atterrissage d’un long courrier).

Cochabamba :
- ‘instants 20, 6, 10, 23’ de Sylvanie trouvent chacun leur place sur la chariote d’une vendeuse de jus d’orange

De ‘flota’ en ‘mobilidad’, nous avançons….
A l’approche de Torotoro, le bus sort de la route pour suivre le cours du fleuve : les pluies diluviennes ont fait ‘glisser’ la piste.
… étrange …. Le fleuve devient route, tandis que la route est un torrent charriant argiles, pierres, bois…
je ne savais pas alors qu’elle allait aussi charrier notre chagrin à nous, rootartistes de ce côté du monde…

Le village, encaissé dans les montagnes, garde précieusement, sagement, son territoire et son identité.
Le soir, au coin des maisons, les histoires circulent : comment un homme est sorti, 25 ans après, d’Umalajanta, jurant qu’il y était entré quelques minutes plus tôt … comment une femme revient encore et encore, laver son linge dans le fleuve, pour elle toujours rouge du sang versé par les espagnols….
Torotoro n’a que faire des étrangers qui n’écoutent pas les ‘duende’ et ça n’est pas demain qu’un môssieur Trigano posera ses ‘villages’ dans les empreintes millénaires !

Guidés par Emilio, nous nous sommes baladés, bouleversés, dans les ères géologiques.
Empreintes de dinosaures et de félins, témoins de notre mortalité tout autant que de l’universalité des traces que nous laissons….
Dans la cavité d’Umalajanta (‘l’eau qui tombe’ en langue aymara), les concrétions brisées par des indélicats, nous renvoient quant à elles, à cette part sombre qui veut à toute force posséder, quitte à détruire…mais plus nous descendons et plus le paysage retrouve son intégrité… alors, aller au fond de soi pour se rencontrer ?

Et c’est au milieu de ce bien étrange voyage dans l’histoire de la Terre, histoire de la vie et de la mort, que j’ai suspendu avec l’aide de mes compagnons Emilio, Gloria et Zulma (parce qu’un carré est plus fort) :
- ‘constellation’ de Christophe
- ‘porte ailles’ de Jackline
- ‘lamproie’ d’Eric
et… un galet en chemin…
et aussi … une ‘piedrita bonita’ au plus profond d’Umalajanta, prés de la lagune aux poissons aveugles pour Christian-Dubois ; simple petite cérémonie pour notre ami, pour lui tisser, d’un bout à l’autre de la planète, une couverture d’ultime voyage, dans laquelle pourront aussi s’abriter ceux qu’il aimait.

Parce que ma colère face à l’arrogance de la mort est tombée avec le vent, le froid et la fièvre, il me reste juste la perception de cette immense chance que j’ai eu /que nous avons eu de pouvoir croiser la route de cet artiste, curieux mélange de ‘l’homme à la pipe’ de Magritte et de cette comptine enfantine ‘la pipe à la bouche, le verre à la main, il disait : mesdames servez-nous du vin… jusqu’à d’main maaatin’.

Amicalement
dominik

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