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04/12/2011

Feuille de ROOT' 2 - 04 décembre 2011

Bonjour à tous et à chacun,

- Rincon de la Portada -

Nous attendons David, Carla et moi, les enfants pour aboutir les 'cajitas del cuidado'.

La porte de la salle est fermée... on nous ouvre l'église - je sais maintenant à quoi peuvent servir ces grandes bâtisses dispersées dans le monde (pour peu qu'on nous laisse y faire rentrer la vie) -

Nous recomposons l'espace afin que chacun trouve sa place au sol ou sur les bancs.

je peux enfin poursuivre de grandes discussions avec Rodrigo, qui du haut de ses 5 ans, porte le silence comme arme : veut-il de l'aide ? Il hoche brièvement la tête et me montre, l'ours à découper, puis le renard, puis le canard et ainsi d'animal en animal, nous avançons côte à côte. Je prends quelques photos et le voilà intrigué : je lui montre les images en essayant de reconnaître les personnes ou en 'm'indignant' que certains soient rentrés dans l'appareil. David et Carla jouent le jeu, et …. lorsque tous nos outils de clowns eurent presque été épuisés, Rodrigo a souri, a franchement ri, puis a nous a désignés par nos prénoms. Nous avons ensuite repris notre travail, tranquillement côte à côte.....

 

- Dans l'univers de Laurie -

je suis rentrée dans le tissage, comme on reconnaît son âme !

Peu à peu, comme on élève son esprit.....

Il a fallu construire le 'bastidor', encocher proprement, tendre le fil de coton, pour que les cordes sonnent bien, qu'elles résonnent bien. Car il s'agit bien aussi de reconnaître avant toute chose la musique du tissage.

Mes premiers pas sont hésitants, et 'malagauches' (en effet, ça n'est pas le tissage de la droite vers la gauche qui me pose souci mais l'inverse), mais je ressens tout au fond de moi une logique extrême dans ce passage sensuel de la ligne à la surface ; comprendrais-je enfin les fractales !?

C'est merveilleux !

Par ces gestes de tisserande que m'apprend Laurie, je touche et comprend la nature profonde du monde ! C'est extraordinairement émouvant et me rend encore plus petite que je n'étais ; chaque point compte, chaque passage doit être juste.... et peu à peu se structure une image que je ne connaissais pas... elle émerge lentement, sans calcul ni préconçu.... elle émerge d'elle-même et je ne suis que la main qui la laisse venir.

 

- Atelier 12 Irpavi -

Dans l'atelier tranquille, j'expérimente le façonnage du papier... mon plus grand ennemi reste mon impatience. David me conseille tout en travaillant de son côté.

L'impatience m'a déjà 'arruinada' plusieurs façonnages, jusqu'à temps que mon demi-neurone comprenne qu'il me faut entrer dans la pâte, puis dans la forme, dans la brillance de l'eau et enfin dans ce geste dansé de retourner la forme sur le tissu. L'énergie doit être douce, vive et ferme.

 

Alors tandis que je deviens pâte, forme et enfin papier,

je comprends qu'avant les '12 rouleaux de mémoires' que je veux élaborer, ici dans cet espace-temps long et profond qui m'est offert par mes compagnons (par chaque rootartiste et chaque membre de FenÊtre sur rue, par David, Carla, Gloria et toute la famille Vargas qui m'accueillent chez eux)....

je comprends qu'il me faudra d'abord traverser les 'Portes de papier'.

En effet, peu à peu le papier s'anime et de formes strictes, il passe au jeu. Il (je?) dévoile son envie d'incorporer des matières, des formes derrière les formes – stratigraphie du Temps ? Palimpseste de souvenirs ?... je ne suis pas encore assez avancée sur le chemin pour savoir... il me suffit d'avancer...

les fragiles Portes de papier surviennent.... Pour la plupart, elles contiennent les longues pelures d'orange que les marchandes des rues me cèdent pour 2 pesos, ou les sciures que mes mains trouvent dans l'atelier, ou encore des bouts de tissus si vieux et si usés, que mes doigts les détachent en fragments d'histoires que je ne connaissais pas...

Lambeaux d'Ailleurs, laissés pour compte, qui retrouvent une dignité en étant incorporés dans ces petites formes.... Elles se pressent et se rangent sagement pour la nuit... Le crépuscule arrive, la lune a grimpé au-dessus des montagnes.

 

 

A bientôt

dominik

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