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22/03/2012

Feuille de ROOT' - 20 mars 2012

Bonjour à tous,


Avec Sulma, paleo-artiste (dont les reconstitutions des dinosaures à Sucre est un véritable défi au Temps) et Gloria, sculpteure, nous nous sommes échappées de La Paz pour aller à la découverte du Sud de la Bolivie.... quelques jours grappillés après ces semaines intenses.

 

POTOSI : 1er arrêt dans cette ville de légende aux mines d'argent.

Ville dont on dit 'En Potosi, hay 2 estaciones : el invierno y la estacion de tren'

('A Potosi, il y a 2 saisons : l'hiver et la gare' -'estacion' en español vaut pour la 'station', la 'gare' mais aussi la 'saison'-)

Potosi, balayée par des vents froids et furieux ….... à la mesure des mouvements sociaux qui émergent peu à peu......... à la mesure de ces couvents, véritables entrepôts d’œuvres d'art, mais - coutume barbare importée d'Espagne - véritables prisons aussi pour ces enfants enfermées dés leur plus jeune âge pour le salut de l'âme de leurs parents (!?).

Potosi, en guerre fratricide contre Oruro ; guerre de frontière entre ces deux départements pour des terres richement cultivables.

Potosi et ses mines d'argent où chaque filon est durement extrait par des hommes, des femmes et des enfants qui conservent malgré tout cette générosité extrême de nous laisser sauter sur la plate-forme de leur camion pour que nous grimpions encore plus haut dans la montagne.

Potosi : notre premier 'bloqueo' qui nous fait partir au tout petit matin.

'Bloqueo' ? C'est une action qui consiste à bloquer la route à l'aide des camionnettes et voitures, afin que nul ne puisse entrer ou sortir avant que les protagonistes n'aient trouvé une solution autour d'une table de dialogue.....

 

Plus loin, dans le Temps et l'espace, dans le département de TARIJA : Uriondo et ses 'Rencontres de l'Art et du Vin' où nous retrouvons sculpteurs et peintres.... Ah ! les éternelles boules de pierre que Gonzalo Cardozo agence en véritables poèmes visuels !

 

Encore plus loin dans le Temps et l'espace, El Fuerte de SAMAIPATA : une immense roche de plus de 250 m de long accueille le visiteur du fond de ses 1500 ans.

Elle est creusée de niches et de sièges cérémoniels, gravée d'images zoomorphes et anthropomorphes... il faut alors juste prendre le temps d'être là.

 

 

SUCRE : 'la ville blanche' où le climat est chaud, où les fantômes s'accrochent aux habitations coloniales..... où les dinosaures ont laissé leurs empreintes....

je suis restée assise auprès de Ximena Verde, tisserande Jalq'a.... je l'ai longuement regardée danser les fils de ces doigts..... je crois qu'elle a aimé cet échange silencieux ; Elle, concentrée dans sa Mémoire Rituelle qui lui font tisser des Êtres Fantastiques, moi stupéfiée par le jeu qui se déroulait entre les Mains et l'Esprit.

Puis elle a regardé mes dessins en souriant en me disant 'tu memoria es dentro de tus dibujos, la mia es aqui en el telar : somos iguales' ('tu mets ta Mémoire dans tes dessins, moi dans mes tissages : nous sommes pareilles') : quel plus beau compliment pouvais-je espérer !

 

Oui, les tisserandes Jalq'as, Tinkipayas et Yamparas dominent le monde de leur espace tissé, de leur fabuleuse symbolique, de leurs Temps croisés.

 

 

Nous étions parties pour découvrir le Sud, nous avons rencontré le Temps.... Et si la réalité contemporaine bolivienne nous a rattrapé à Cochabamba avec des bloqueos radicalisés,

il ne m'en demeure pas moins une sensation de Voyage au cœur de ce que l'Humain a de plus profond.

 

Amicalement

dominik