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30/10/2006

Feuille de ROOT’ 30 octobre 2006


J’ai retrouvé avec plaisir et émotions le quartier de la Luna et ses étranges formes, sables et argiles mélangés. Nous sommes ici et ailleurs en même temps. J’entends par « ailleurs », dans un autre temps et certes pas dans un autre espace ! Un autre temps où nous aurions la compréhension immédiate de l’Histoire de l’Humanité. J’ai déjà éprouvé ce type de sentiments ici, mais aussi à Angkor Vat, dans les temples enfouis de la jungle cambodgienne, lors du précédent ROOT’ARTS.
C’est un sentiment qui permet de retrouver sa juste place au milieu de trois millions d’étoiles, dans une histoire de trois milliards d’années….

A une semaine du départ, tous les projets s’aboutissent tranquillement les uns après les autres et nous pouvons envisager sereinement de passer deux jours à Copacabana, au bord du lac Titicaca et arpenter les îles du Soleil, de la Lune ! Départ pour Copacabana, mercredi 25 octobre 2006 9h au cimetière central. Arrivée sous la pluie, nous prenons le bateau pour l’Ile du Soleil.
Orage sur l’île, lumière étonnante, très différente de celle que je connaissais.
Sur le retour, je fais connaissance avec Oswaldo Roca, guide péruvien de haute montagne et sculpteur sur bois : un ROOT’ARTS au Pérou en perspective ? Pourquoi pas ?!


Notre événement voit arriver la conclusion de sa première partie:
Le thème « Le Silence a la parole » développé à l’Academia Nacional de Bellas Artes Hernandez Siles va se concrétiser par une exposition des travaux de tous, étudiants et artistes, que nous monterons lundi. Nous mettons en place « la marche silencieuse des cabelletes » : 9 chevalets, maltraités par les ans et les étudiants, abandonnés dans la cour de l’Academia, que nous récupérons, habillons de journaux encollés et qui serviront de support à une ultime expression entre Silence et Parole.

Nous avons réalisé le mural à l’atelier 12. Il célèbre le travail des mineurs, mais aussi des Arts et des Consciences. Peu à peu, il devient une allégorie à l’humanité, surplombée d’une Awicha (grand-mère protectrice des mineurs), et d’une Pachamama. Nous l’avons travaillé en trichromie : ocre, noir, blanc. Cela nous permet de rester proches des montagnes qui nous entourent.

Le projet des Ateliers du Silence devient un franc succès et une quinzaine d’étudiants de l’Ecole des Sourds participent à l’atelier. Les peintures et dessins se font plus personnels et plus intimes et perdent peu à peu leur caractère « copié collé ». Nous pourrons donc présenter ce travail à l’exposition que nous mettons en place à l’Academia.

C’est terrible cette montée de mélancolie qui m’envahit de temps à autre : nous sommes à 4 jours du départ !
Je ressens bien que chaque ROOT’ARTS nous rend plus forts et plus fragiles à la fois : plus forts par les rencontres, plus fragiles car plus rien ne peut nous être indifférent sur cette planète qui est la notre. Partout, de l’Asie à l’Afrique, en passant par l’Amérique et l’Europe, nous avons tissé des liens d’amitiés et de complicités. Chaque endroit est plus qu’un simple nom sur un planisphère ou une anecdote journalistique ; c’est un chemin emprunté, un galet ramassé, un café partagé, une chute dans une rizière ou un rio, un signe de la main. C’est notre propre humanité que nous rencontrons à chaque détour de ce sentier d’aventures
« Alors, sans avoir rien que la force d’aimer, nous aurons dans nos mains, amis, le monde entier » chante Brel dans la voiture de David. Mais, « avoir dans nos mains le monde entier », c’est aussi être responsable de tous et de chacun…. Terrible épreuve, Grand Jacques ! Terrible mais, ô combien magique !

La suite de notre aventure se vivra en avril 2007, en Aquitaine, par l’accueil en résidence des artistes boliviens qui nous ont généreusement offert ce mois de partages d’un autre regard, d’une autre vie.
Amicalement
dominik